Actualités annuaire inversé

S’émanciper grâce au téléphone portable : l’alphabétisation

Sativa reçoit tous les matins un SMS en urdu sur le nouveau téléphone portable que lui ont donné Mobilink Pakistan, l’Unesco et l’ONG Bunyad. Elle ne peut pas encore répondre à ces textos, mais peut-être le pourra-t-elle bientôt si elle poursuit son apprentissage de la lecture et de l’écriture par le biais de son téléphone mobile. Car elle peut accéder, grâce au son et à l’image de son écran, à la visualisation des lettres de l’alphabet.

Elles apprennent à lire sur leurs portables

Ce programme, le PAJEF (projet d’appui à l’alphabétisation des jeunes filles et des femmes), plusieurs milliers de jeunes filles en bénéficient dans des pays comme l’Afghanistan, le Pakistan ou le Sénégal, où les taux d’analphabétisme féminin avoisinent les 80% - 90%, alors que le taux de pénétration de la population par la téléphonie numérique atteint les 65%.

Les motivations premières de ces jeunes filles peuvent au premier abord sembler triviales, comme celle de cette jeune Africaine qui « pourra garder ses SMS secrets », au lieu de les faire lire par un inconnu pour la somme de 100 francs CFA.

Pourtant, à plus long terme, le projet d’alphabétisation des filles et femmes vise également à leur offrir l’accès à des campagnes de prévention et d’éducation sanitaires et civiques. On peut ainsi imaginer pouvoir atteindre des populations isolées sur des thèmes aussi variés que les droits de l’homme, le VIH et le SIDA, la nutrition, l’agriculture ou les banques. Autant de moyens permettant d’accéder à un jugement critique et, peut-être, à leur indépendance.

L’alphabétisation des femmes

Le taux d’analphabétisme dans le monde s’élève à 20%, dont 64% de femmes. Cette proportion peut atteindre des sommets dans certains pays où l’illettrisme des femmes est un moyen politique d’assujettissement de celles-ci. Car apprendre à lire et à écrire, c’est la potentialité de s’informer, de découvrir de nouvelles opinions et d’émettre les siennes. C’est la possibilité d’apprendre tout le reste : l’histoire, qui permet de connaître ses racines et les autres modèles de culture, la loi, qui permet de connaître ses droits, la philosophie, qui permet de penser le monde, les maths, qui permettent d’accéder à l’autonomie financière. C’est la possibilité, pourquoi pas, de s’associer à d’autres personnes pour demander un emprunt à la banque et monter un projet commercial…
C’est pour toutes ces raisons que l’UNESCO, en association avec des associations humanitaires et des partenaires privés locaux, a fait du PAJEF une de ses priorités de l’année 2012.

Publié le

Réagir à cet article




Nicole Posté le
Alors les textos peuvent apprendre à bien écrire ? Parce qu'ici, ça serait plutôt le contraire ! Depuis qu'il y a le langage SMS, les gens désapprennent à écrire correctement...