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Retour sur l’affaire Stolen

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Si vous êtes un appli addict, vous n’avez pas pu passer à côté de Stolen. Trois jours après son lancement, l’application a explosé (pratiquement) tous les records. Selon le magazine Fortune, elle figurait déjà dans le top 200 des applications les plus prisées au monde. Quant à ses créateurs, ils recevaient plus de 10 000 requêtes de téléchargements par seconde, les obligeant ainsi à dormir dans leur bureau. Pourtant, l’application ne fonctionnait que sur IOS et ne pouvait être téléchargée que sur invitation. Alors quelles sont les raisons d’un tel succès ? Pourquoi Stolen n’existe plus aujourd’hui ? Retour sur cette affaire qui a déchaîné les passions.

Quand Twitter se transformait en salle des enchères

Concrètement, Stolen faisait de Twitter une grande salle des marchés. Chaque utilisateur se muait en trader et pouvait acheter des comptes du réseau social comme de véritables actions. A son inscription, le joueur recevait ainsi 500 000 dollars fictifs avec lesquels il pouvait pouvait faire monter les enchères sur tel ou tel compte. Comme à la bourse, la détention d’un compte donnait le droit à des dividendes dont la valeur grimpait en fonction de la popularité.

L’objectif était donc de bien choisir ses achats afin de faire un maximum de plus-value. Parmi les comptes les plus lucratifs, on retrouvait Justin Bieber (à 57,5 milliards) et Barack Obama (à 14,3 milliards). François Hollande valait, quant à lui, plus de 550 000 dollars. Bien sûr, les utilisateurs pouvaient également acheter leurs amis ou des marques même si ces derniers s’avéraient moins intéressant pour leur finance. 

A mi chemin entre la collection des cartes Panini et un jeu de simulation boursière, Stolen était devenue l’une des applications les plus addictives du moment.

Vie et mort de l’application Stolen

La fièvre boursière de Twitter a rapidement montré ses limites. Chaque jour, de plus en plus d’utilisateurs du réseau social montraient leur mécontentement à voir leur compte faire l’objet de spéculations sans même leur consentement. En effet, n’importe quelle personne inscrite sur Twitter participait automatiquement au jeu peu importe si elle avait ou non téléchargé Stolen.

Katherine Clark, une élue du Congrès américain, soulignait également que l’application ouvrait la voie du harcèlement puisque les utilisateurs pouvaient commenter les profils des utilisateurs. Beaucoup de ces commentaires étaient à la limite du racisme ou du sexisme.

En réponse à toutes ces critiques, les créateurs de Stolen ont fini par abdiquer et fermer l’application. Et c’est bien là toute la dure loi du marché !

 

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