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Pakistan : le réseau mobile suspendu pour cause d’attentats

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Le Pakistan est le théâtre d’une sanglante confrontation entre la majorité musulmane sunnite et la minorité musulmane chiite, qui représente 20% de la population nationale. Et mercredi 21 novembre, c’est au cours d’un énième attentat des talibans contre les chiites que sont décédées 23 personnes, à Rawalpindi, ville jumelle d’Islamabad.

Quand les téléphones portables sont une menace pour la sécurité nationale…

Afin de prévenir les sanglantes vagues d’attentats-suicides au cours du mois saint de Mouharram, qui voit se multiplier les processions religieuses, les autorités ont décidé de suspendre le fonctionnement du réseau de téléphonie mobile. Car les téléphones portables sont, selon le gouvernement, utilisés afin de déclencher les bombes. Le premier ministre pakistanais Rehman Malik affirme que « dans plus de 90% des cas, des téléphones mobiles ont été utilisés comme détonateurs à distance ».

Le dimanche 24 novembre marquait la date anniversaire du funeste attentat-suicide de 2009, qui avait fait 43 morts à l’occasion de l’Achoura, le plus important jour du calendrier chiite. En conséquence de quoi, afin « d’assurer la sécurité pendant et après les processions », le gouvernement a suspendu le réseau téléphonique mobile dans plusieurs villes du pays pendant une bonne partie du week-end.

Une nouvelle preuve de l’influence gouvernementale sur les télécommunications ?

Ce n’est décidemment pas un bon moment pour les télécommunications au Pakistan : après avoir fait passer un décret interdisant les forfaits moins chers le soir afin de censurer les textos amoureux contraires à la morale religieuse, voilà que le gouvernement suspend catégoriquement l’ensemble des communications pendant tout un week-end… attestant de la place que les autorités ont prise dans la vie individuelle des Pakistanais.

La finalité de cette suspension temporaire de service est, en cette occasion, de protéger une minorité parmi les citoyens (le dispositif est accompagné par la mobilisation de 5000 policiers dans les rues de Karachi), mais il est également un signe de la toute-puissance de la censure gouvernementale pakistanaise. Une omnipotence qui laisse entrevoir la possibilité d’une censure élargie en cas de conflit civil à l’intérieur des frontières.

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